Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
dreamcatcher

"On peut allumer une bougie sur le nez d'un homme, mais on ne peut pas le forcer à ouvrir les yeux et voir la flamme"

Publicité

Chapitre 3a

      Le jeune garçon jeta un bref coup d’œil aux élèves qui s’étaient tous agglutinés autour de la moto afin de vérifier qu’aucun d’autre ne la touche avec leurs mains pleines de doigts, et se dirigeant vers les cinq basketteurs qui patientaient depuis sept heure et demi, il leur lança :

      -Merci de l’accueil mais je crois que vous perdez un peu votre temps. Ma sœur ne vient pas aujourd’hui ; elle m’a dit qu’elle avait mieux à faire.

      -Je ne pense pas que sécher dès son admission soit très raisonnable, commenta soudain une jeune fille sortie de nulle part et qui ne se gêna pas pour lui couper le chemin.

Akira la jaugea du regard, apparemment peu convaincu par ces mots. Rien qu’à sa démarche déhanchée, à sa coiffure et à son maquillage qui étaient censés la rendre mignonne, il sut immédiatement qu’il avait affaire à une pimbêche imbue d’elle-même.

      -Je suis Mimi Hunter, se présenta-t-elle en lui tendant une main parfaitement blanche et manucurée. Je suis américano-japonaise, donc on m’appelle par mon prénom.

      -…Désolé, ton nom ne m’intéresse pas. Et ce n’est pas la peine de te vexer, puisque je ne me rappellerai pas de toi du tout.

      -Ahem !toussota une jeune fille qui donnait l’air d’être une suivante de Mimi. Elle est aussi la Présidente du Conseil des Elèves, tu sais. Te souvenir de son nom tient du bon sens !

      -Vous devriez jeter l’éponge, rit doucement une voix. Akira ne connaît aucunement votre soi-disant bon sens, et n’en a d’ailleurs pas l’utilité.  

Toute l’assemblée se retourna au quart de tour ; Yuuki se tenait non loin, adossée contre un cerisier, les bras croisés sur un sweatshirt délavé qui lui tombait aux genoux, par-dessus un slim en jean tout aussi délavé. Elle avait observé toute la scène d’un petit air moqueur. Malgré son arrivée tardive, elle avait réussi sans peine à saisir le fil de la conversation, et elle s’amusait de l’attitude de son frère, connaissant d’avance le pourquoi du comment. En fait, depuis sa naissance, Akira n’avait mémorisé de son plein grès que le nom et visage de sa sœur exclusivement. Les quelques autres qui traînaient dans sa tête étaient dû à certaines exigences de Yuuki.

      -Tu es en retard, lança Ryuuji à la jeune fille avec une pointe de reproche dans sa voix grave.

Il ne s’était pas interroger sur comment elle était arrivée.

      -Je sais. Mais encore ?

      -Ryuu-sama a tout à fait raison, s’avança mimi accompagnée de ses fidèles bras droits et d’une clique d’élèves curieux. Et en tant que Présidente du Conseil des Elèves, je me dois de demander que le Responsable du Comité des Affaires Morales Publiques vous sanctionne tout deux. De plus, les motos sont interdites au sein du campus. Veuillez sortir cet engin de notre établissement.

Et elle pointa le parking extérieur d’un mouvement qui se voulut plein d’autorité. Malheureusement pour elle, Akira n’avait pas du tout envie de se séparer de sa chère Ducati et décida d’ignorer la jeune fille.

      -Yuuki, héla-t-il. J’ai la flemme d’aller en cours, tu fais quoi ?

      -Je vais rester un peu pour faire connaissance avec la classe, mais je ne compte pas m’éterniser. J’ai rendez-vous dans un peu plus d’une heure au Ritz.

      -Tu veux que je t’y emmène ?

      -Ne te soucie pas pour moi, et file !

Akira hocha la tête, et s’en fut sans demander son reste. Sa sœur le regarda partir le sourire aux lèvres, sachant très bien qu’il irait directement au circuit pour pouvoir faire rugir sa moto autant qu’il le souhaitait.

      -Tu sais, lança Mimi en faisant la moue, le portier ne rouvrira pas le portail pour un commoner !

Yuuki intima du regard à la jeune fille de mieux observer la scène qui se déroulait au pied des grandes portes blanches. On voyait distinctement Akira discuter avec un homme en livrée noire, puis, un des battants s’entrouvrir. Mimi n’en revint pas ses yeux. Personne ne pouvait sortir de l’établissement s’il n’avait reçu auparavant une autorisation de l’administration, et seuls les élèves faisant partie de la très haute société y avaient droit !

      -Tu vois, dit Yuuki gentiment, ça c’est très bien passé.

Et sans attendre ni commentaire ni réponse, elle se tourna vers les cinq basketteurs.

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article