"On peut allumer une bougie sur le nez d'un homme, mais on ne peut pas le forcer à ouvrir les yeux et voir la flamme"
9 Juin 2013
L’appartement était grand, spacieux, lumineux, équipé dernier-cri, et le chauffage au sol automatique tournait doucement. Les meubles design occidentaux se mélangeaient parfaitement avec les vieilles antiquités ou meubles japonais. La porte d’entrée donnait sur un petit salon de réception avec un sofa où on s’asseyait pour retirer ses chaussures, une commode et un placard où était rangés sacs, chaussures, chaussons, parapluies, manteaux… Ce hall d’entrée confortable débouchait ensuite sur la salle-à-vivre, à droite, qu’on avait divisé en deux. D’un côté, un véritable salon, avec canapé, écran plasma, table basse, fauteuils, kotatsu, piano demi-queue, et un meuble remplis de DVDs. De l’autre côté, on avait installé une table à l’esprit chinois en bois de rose rouge sombre avec ses huit chaises, et un buffet où plusieurs sets de vaisselles avaient étés rangés. Adjacente à la salle-à-manger, la cuisine entièrement occidentale et son bar américain qui facilitait le passage de plats. L’étage était pourvu de deux chambres. L’une des deux avait été transformée en bureau. L’autre avait une salle de bain attenante et appartenait à Masaya. Il y avait également une autre salle de bain au premier étage. Celle-ci était dotée d’un furo et toute la famille l’utilisait. A l’étage supérieur, l’escalier donnait sur une mezzanine qui offrait la vue sur la salle-à-vivre et qui servait d’espace lecture avec ses murs recouverts de livres jusqu’au plafond. A ce niveau, il y avait quatre pièces. Les trois premières étaient les chambres d’Akira, Yuuki et Taiyou., mais seul Taiyou avait sa propre salle de bain. Akira et Yuuki partageaient celle qui communiquait entre leur chambre respective. La quatrième pièce était une particularité. Les murs avaient été insonorisés et l’intérieur entièrement équipé comme un studio de musique, avec ses instruments multiples, ses claviers, ses ordinateurs… On pouvait non seulement jouer de la musique, mais aussi la crée, l’éditer, faire un film, ou encore enregistrer une bande-son. C’est là que Yuuki retrouva son jumeau après avoir pris sa douche. Il se tenait debout, son violon à l’épaule et l’archet dans sa main droite. Do#, fa#, la, fa#, mi#, fa#, sol#, fa#...Les premières notes de la danse hongroise numéro cinq en Fa# mineur de Johannes Brahms… Et l’inévitable canard qui déchire le tympan. Akira secoua sa main gauche pour faire passer la douleur et reposa l’instrument dans l’étui. Yuuki plissa des yeux. C’était décidé, Mimi allait voir ce qui se passait quand on s’en prenait à Akira et elle.