"On peut allumer une bougie sur le nez d'un homme, mais on ne peut pas le forcer à ouvrir les yeux et voir la flamme"
9 Mars 2013
-C’est vraiment ici ? demanda Keisuke d’une voix blanche.
Il est vrai que l’endroit vers lequel ils se dirigeaient semblait de moins en moins propice à un rendez-vous au fur et à mesure qu’ils s’enfonçaient dans le quartier. Les gens les dévisageaient sans cesse, intrigués par leur uniforme qui indiquait clairement qu’ils venaient de Seishun et non pas des bas quartiers. Quelque pas après, ils passèrent par une ruelle sombre et étroite qui faisait une étrange jonction entre deux monde différents. Une fois sortie de la ruelle, ils purent admirer avec stupeur le spectacle qui s’offrait à leurs yeux. Ils se trouvaient devant la façade d’un immeuble imposant de sept à huit étages. Pour y accéder, on passait par une allée qui avait été délimitée par deux terrains de basket où jouaient des personnes d’âges variés.
-D’après le GPS, lui répondit Chisami, c’est cet immeuble, au rez-de-chaussée. Il va donc falloir passer entre ces terrains, je suppose.
La jeune capitaine de l’équipe féminine de basket ne se sentait pas très rassurée. Quelques garçons les avaient sifflés, elle et les deux managers du club, et même si l’équipe masculine était présente, ils n’étaient que cinq. Heureusement qu’elle n’avait pas demandé à ses co-équipières de la suivre !
-Attend un peu, Chisami.
Ryuuji la retint par le bras. Conscient de son environnement, il venait de réaliser que des gens, des hommes pour la plupart, s’amassaient et commençaient à les encercler.
-Voyons voir ce qu’on a là, sourit l’homme qui semblait mener la bande.
-Tu as vu, Nakano ? Ce sont des filles de Seishun ! Dommages qu’il n’y en ait que trois !
Instinctivement, les garçons de l’équipe se placèrent devant Chisami et les deux managers qui avaient toutes les trois insisté pour les accompagner. Dans sa tête, Ryuuji songeait aux possibilités qui s’offraient à lui. Elles étaient minces, car face à autant de gens, ils ne feraient pas le poids si un combat devait éclater. Soudain, vif comme l’éclair, le chef du groupe adverse saisit le poignet de Kana et la tira à lui sans que personne ne puisse réagir.
-Mate-moi ça, ricana-t-il tandis que Kana cherchait vainement à se débattre.
-Joli coup Nakano, admira l’un de ses amis. Tu es rapide !
-Lâche-la, gronda une voix qui n’était autre que celle d’Akira.