"On peut allumer une bougie sur le nez d'un homme, mais on ne peut pas le forcer à ouvrir les yeux et voir la flamme"
1 Mars 2013
Mimi avait toujours pensé qu’elle était la reine du lycée et qu’en tant que telle, elle était intouchable. Le fait que son père était le proviseur l’aidait aussi, bien évidemment. Et c’est pour cette raison qu’elle fut extrêmement vexée de la remarque d’Akira. Déjà que Yuuki l’énervait, mais si le jumeau s’y mettait aussi, c’était le pompon ! Quelque chose ne tournait définitivement pas rond chez ces jumeaux ; le soutien que leur avait donné son père en début d’année en était la preuve. Et bien que l’évènement ait dû lui mettre la puce à l’oreille, Mimi voulait se venger de l’affront subit. Sa première victime serait Akira. Le garçon avait beau être très mignon, elle ne pouvait pas laisser passer le fait qu’il l’ait mal traitée. Ainsi, quelques jours après l’incident, Mimi avait réussi grâce à son influence à faire persécuter le garçon sans qu’il ne puisse en distinguer l’origine. Ses affaires disparaissaient, revenaient trempées, boueuses, déchirées en lambeau, et ses cahiers de classes étaient retrouvés imbibés d’encre, recouverts d’injures ou même de photos pornographiques. Yuuki observait cela silencieusement mais les yeux emplis de fureur et de mécontentement. Akira, lui, ne se souciait pas vraiment de l’affaire. Il prenait ces bassesses avec philosophie, trop occupé avec l’équipe de basket pour s’attarder sur des histoires d’ego froissé. Comme pour suivre le mouvement du fond de classe, Ryuuji aussi s’inquiétait, mais l’origine de ses soucis était différente ; le rendez-vous organisé par Yuuki approchait et il attendait impatiemment de voir ce que la jeune fille pouvait apporter à l’équipe.
Le vendredi arriva, inévitablement, pareil aux autres jours de la semaine. Akira continuait à subir des farces de mauvais goût, ce qui rendait sa jumelle de plus en plus mécontente. La seule chose qui sauvait sa journée, c’était la rencontre de basket prévue après les cours. Quand la sonnerie de cinq heure retentie, elle ferma son cahier en vitesse, intimant à son frère de la suivre, et fonça droit sur son casier. A ses côtés, le jeune garçon discutait avec Ryuuji.
-Yuuki a quelques petites choses à régler avant, donc elle nous rejoindra au point de rendez-vous directement. Et moi, je reste avec toi pour vous y emmener !
-Pas besoin, donne-moi juste l’adresse. On se débrouillera.
-Ok, je te l’envoie en texto.
Et Ryuuji s’en fut rassembler son équipe dans le gymnase. Akira le regardait partir tout n ouvrant son casier pour prendre ses chaussures quand il ressentit une vive douleur aux doigts. Par reflexe, il retira prestement sa main meurtrie et la porta à ses lèvres. Yuuki réagit au quart de tour. Elle tira d’un geste sec sur le ruban qui ornait son uniforme et le noua autour de la main sanglante. Quand elle eut finit de dresser le bandage de fortune, elle ouvrit le casier en grand et en inspecta le contenu.
-Akira, il y a des lames de rasoir et de cutter au fond.
-Bah, la rassura Akira, ils vont bientôt s’épuiser. Ne t’inquiète pas.
Il essayait de minimiser l’incident le plus possible, de rassurer Yuuki même s’il savait qu’il parlait dans le vide. Quand elle était véritablement furieuse, personne n’arrivait à la calmer, pas même les membres de sa famille. Heureusement, on n’en était pas encore là. A ce moment précis, elle était juste en colère.
-Cette fille m’énerve au plus haut point, se fâcha Yuuki. Elle a complétement dépassé les bornes.