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dreamcatcher

"On peut allumer une bougie sur le nez d'un homme, mais on ne peut pas le forcer à ouvrir les yeux et voir la flamme"

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Chapitre 5b

      L’avion atterrît à quatorze heures trente, comme prévu. Il n’avait pas de retard. Iwaki se posta droit comme un «i » près de la porte par où les passagers des avions sortaient de l’aéroport. Il repéra immédiatement la personne qu’il venait chercher : un homme jeune et élancé flanqué d’un autre homme, plus âgé, et d’une femme qui avait du mal à suivre le rythme de leurs grandes enjambées. Le jeune homme remarqua Iwaki rapidement, mais à la surprise de celui-ci, il ne se dirigea pas vers le chauffeur. La personne vers laquelle il marcha était une jeune fille aux longs cheveux noirs relevé en un chignon artistiquement exécuté. Son tailleur à la coupe droite et sobre la rendait plus vieille qu’elle ne le semblait au premier abord, et elle avait chaussée sur son petit nez asiatique une paire de lunette fine. Lorsque l’homme se planta face à elle, ses deux yeux noirs s‘adoucirent et ses lèvres se fendirent en un doux sourire.

      -Bon retour.

Masaya, car il s’agissait bien de lui, sourit à son tour.

      -Je ne pensais pas que tu viendrais me chercher. Comment sais-tu à quelle heure j’arriverais ?

      -Ta nouvelle secrétaire travaille à Y&S.co Tokyo et j’ai accès à son bureau. Comme je n’avais pas son mot de passe, j’ai dû un peu piraté, mais j’ai facilement eu l’information que je voulais.

Masaya fusilla du regard la jeune femme qui le suivait. Yuuki laissa échapper un rire quand celle-ci arriva enfin, accompagnée des deux autres hommes. Iwaki, la reconnaissant, la salua bien bas.

      -On ne m’avait pas prévenu de votre venue, mademoiselle Saitou.

      -Ce qui me dérange le plus, commença le deuxième homme, ce n’est pas le fait que vous vous montriez sans crier gare. Ce séjour aux Etats-Unis était censé être confidentiel. Je me demande d’où vous tenez des informations aussi exactes.

      -De votre nouvelle aide, répliqua Masaya du tac-au-tac en se tournant vers la jeune femme. Je trouve inadmissible qu’une telle fuite puisse avoir lieu au sein de l’entreprise. Je veux votre lettre de démission demain à la première heure sur mon bureau, Kitagawa-san.

A ces mots, Kitagawa s’effondra, pétrifiée. Elle avait récemment été transférée d’une succursale tokyoïte au siège social d’Y&S.co, et avait intégré le département secrétariat. Quelques mois plus tard, Kanou-san, son supérieur, avait accepté qu’elle l’accompagne pour un voyage d’affaire à New York. C’était son premier gros travail. Et voilà qu’une fois rentrée, voilà qu’elle se faisait licenciée par quelqu’un dont elle ne connaissait rien, hormis le fait qu’il devait se situer vers le haut de la pyramide hiérarchique ! C’en était trop ! Et une larme commença à rouler sur ses joues poudrées. En la voyant ruiner son mascara de par ses larmes, Yuuki ressentit un brin de compassion pour cette petite nouvelle. Après s’être faite licenciée par Y&S.co, elle allait certainement avoir du mal à trouver du travail, et la crise ne l’aiderait certainement pas.  

      -Du calme Masaya, dit-elle tout en tendant un mouchoir à la jeune femme. Je te rappelle que c’est quand même moi qui ai piraté son ordinateur. Tu ne peux pas lui en vouloir pour ça. Je te l’accorde, elle manque affreusement d’expérience pour une secrétaire. Mais d’après ce que j’ai vu de son dossier, elle est enthousiaste et curieuse d’apprendre, n’est-ce pas Kitagawa-san ?

En guise de réponse, la jeune femme hocha furieusement de la tête. Masaya lança un regard inquisiteur à Kanou qui, en tant que bon secrétaire, attendait que le verdict tombe. Enfin, il se décida.

      -Si tu sais quoi faire d’elle, d’accord. Mais je la descends d’un grade, je la fait stagiaire. Ça te va ?

Yuuki lui fit un de ses plus beaux sourires. Intérieurement, Masaya se doutait qu’il venait de se faire berner par sa sœur, mais il lui faisait confiance. Elle savait ce qu’elle faisait.

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