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dreamcatcher

"On peut allumer une bougie sur le nez d'un homme, mais on ne peut pas le forcer à ouvrir les yeux et voir la flamme"

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Chapitre 1a

     Le gymnase entier était en effervescence. Les spectateurs amassés dans la tribune hurlaient, les uns de joie, d’autre de désespoir ; on s’embrassait, on se consolait. Chez certains, même, on trépignait comme un enfant qui fait un caprice. Sur le terrain, les mêmes émotions s’entrechoquaient avec force. Chacune de son côté, les équipes se tenaient là, debout, en une masse informe où l’on ne pouvait plus distinguer à qui appartenait telle main ou telles jambes. C’était deux tas, deux groupes. L’un d’eux fêtait une victoire, le second pleurait sa défaite.  Grâce aux réseaux sociaux, aujourd’hui si efficaces qu’une personne peut voir sa réputation dégringoler a pic en moins de deux secondes, ces réseaux sociaux donc, permirent à tout le pays d’avoir vent du phénomène, tandis que sur place, les journalistes sportifs présents à la rencontre se dépêchaient de remplir leur carnet afin d’en tirer the article majeur dans leur feuilles de chou respectives. Une nouvelle pareille, ça méritait de faire la Une des magazines de sport ! L’équipe masculine de basket du lycée Seishun, depuis trois ans consécutifs à la tête du championnat Régional et l’une des grandes favorites au championnat National inter-lycées, venait de subir un échec cuisant dès la huitième de finale, battue par une équipe d’un lycée à la réputation plus que douteuse qui s’éclipsa après le match et qu’on ne revit plus jamais en compétition.  A croire que l’équipe avait été formée sur un coup de tête puis dissoute tout aussi rapidement !

 

     Quatre ans plus tard, Seishun s’était remis du choc et avait réussis à regagner une bonne partie de son prestige d’antan, redorant ainsi son blason. Le lycée s’était donné du mal, certes, mais le résultat était là. En effet, le renouvellement des membres du club de basket avait détendue l’atmosphère, et hormis les adultes, c’est-à-dire l’administration, les professeurs et le personnel éducatif, et une poignée d’élèves à la mémoire d’éléphant, plus personne ne se souvenait de cette défaite honteuse. Et d’ailleurs, personne ne souhaitait vraiment se remémorer ce jour funeste. Aujourd’hui, les joueurs de Seishun avait mis ce match derrière eux, ce qui était chose aisée vu qu’aucun d’eux ne faisaient partie de l’équipe qui jouait à l’époque. Les membres actuels du club de basket étaient devenus des sortes d’idoles pour les jeunes filles, surtout ceux de l’équipe régulière qui se composait, fait surprenant, uniquement de première et seconde année dont la majorité avait des physiques plus qu’avenants. Les élèves de troisième année, eux, se résignaient à rester dans l’équipe remplaçante bien qu’ils soient les plus âgés et donc normalement les plus doués. Malheureusement pour eux, leurs kouhais semblaient bien plus adroits. Ainsi, le capitaine était-il encore qu’en seconde année de lycée. C’était un élève à la fois responsable, posé et réfléchi. Son flegme, légendaire presque, et son intelligence avaient fait de lui un chef de groupe respecté tout autant par les adultes que par ses pairs.  Il n’haussait la voix que très rarement, quand il était extrêmement mécontent par exemple, et on n’avait souvent l’impression que rien ne le perturbait ni ne le touchait, ce qui, bien sûr, était totalement faux.

     Mais c’est sans doute poussé par ce jugement superficiel et hâtif que le professeur de sport responsable du club lui annonça de but en blanc que leur entraineur avait été renvoyé suite à la découverte de photos à caractères pornographiques et pédophiles à son domicile. Du coup, le Principal s’était vu forcé de rechercher un nouvel entraineur qu’il avait promis de trouver dans un délai de deux semaines. Il fallait donc que le club de basket patiente un peu. A cette nouvelle, Kurosawa Ryuuji, le capitaine, sentit un brin d’exaspération monter en lui. Extérieurement, elle se traduisit par un léger froncement de sourcil. Avoir un entraîneur était primordial pour bien se préparer aux compétitions, surtout avec les nouveaux de cette année, et le perdre quelques semaines avant la rentrée des classes représentait un énorme obstacle à leur rêve de terminer en tête du championnat National inter-lycée. C’est donc avec un certain agacement que le jeune basketteur attendit que le délai du Principal s’écoule.

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